Mardi 26 juillet, le squat de la Sernam où résidait le collectif Elaboratoire est évacué par 80 CRS.

C'est l'été, il ne se passe pas grand chose, faut bien l'avouer. Quand soudain, un coup de fil nous annonce l'expulsion du collectif artistique l'Elaboratoire du squat de la Sernam qu'il occupait depuis décembre dernier. On y trouvait de nombreux ateliers, d'éléments de décors, des chars du carnaval, sans oublier les nombreuses personnes habitant sur le site....
Le squat en question est une propriété de la SNCF que l'Elabo occupe illégalement. De plus, un projet immobilier menaçait depuis longtemps le lieux. Le mois de juillet était idéal pour expulser : la ville est vidée de sa population pour cause de vacances estivale, très peu seront au courant de l'affaire.

Ainsi, on file plaine Baud Chardonnet voir ce qu'il se passe là-bas après un bref coup d'œil sur les sites d'information locale, qui ne peuvent faire que le constat d'un lieu de création, de vie et de rencontre vidé au fil des heures. Les membres de l'association ont jusqu'à quinze heures pour débarrasser le squat. Ce qui sous-entend, ramener des décors, des sculptures, des projets en préparation.... un travail colossal.
D'après quelques témoignages glanés sur la route, l'expulsion n'a connu aucun débordement, ce que nous confirmera Benjamin Henry, vice-président de l'Elabo. Les membres de l'association, les sympatisants ou les gens accueillis sur place regrettent juste un manque d'informations de la part de la préfecture et de la SNCF. Ils savaient ce qu'ils allaient se faire expulser, ils auraient juste aimé avoir plus de temps.
Alors qu'on se dirige sur place, on aperçoit au loin un barrage de CRS au moins 300 mètres avant le lieu d'expulsion. Pas plus d'une dizaine. Ils semblent filtrer les allées et venues des résidents. On arrive à leur niveau et on se fait poliment mais fermement refouler à l'entrée. Journaliste ou pas, ces messieurs ont des consignes, et ils s'y tiennent.

Tant pis on rejoint le collectif qui s'est réfugié au 48 pour faire le point sur cette journée. L'occasion d'une mise au point avec Benjamin Henry, vice président de l'association Elaboratoire après plus de dix ans dans cette structure qui fait la joie des rennais :
A la fin de l'interview, Benjamin file rejoindre ses camarades pour discuter du présent, de cet entre-deux avec l'avenir à Pont-Péan. Car en attendant, le collectif se retrouve avec des milliers de mètres cubes de matériel sur les bras, sans compter ce qu'il va rester quand la « maison mère » va être vidée. Pont-Péan, c'est bien mais c'est loin, regrettent beaucoup de gens croisés cet après midi.
Un dernier tour pour voir, les CRS sont partis. Sur la route, on recroise quelques sympatisants venus aider, qui nous signalent qu'il ne reste plus rien. En effet l'endroit est mort, attendant sa démolition....